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Laurent Abitbol (Selectour) : « Les ventes tourisme reculent de 24% depuis mars »

Les prises de commandes tourisme dévissent de 24% dans les agences de voyages, sur la période allant de mars à mai, selon Laurent Abitbol, président du directoire de Selectour. L’activité se dégrade depuis le début du conflit au Moyen-Orient. En revanche, le voyage d’affaires résiste.

À l’occasion du Salon des réceptifs de Selectour à Paris, Laurent Abitbol a partagé ses inquiétudes sur la saison estivale 2026. « C’est grave », a souligné le président du directoire du réseau, qui regroupe 1 000 agences de voyages en France. Pour les entreprises, l’impact s’avère plus fort que pendant la pandémie de Covid-19, période durant laquelle les aides de l’État jouaient un rôle d’amortisseur.

« Plus le temps passe, plus l’activité baisse »

Si les voyageurs n’annulent pas les réservations confirmées, l’attentisme prévaut. En prises de commandes, l’activité des agences Selectour chute de 24% sur la période allant de mars à mai, précise Laurent Abitbol.

« Plus le temps passe, plus l’activité baisse », poursuit le dirigeant, également patron de Marietton Développement (Havas Voyages). « Que devons-nous faire ? Le dos rond et se battre pour chaque client. Le client va partir, mais il hésite encore. Ce n’est pas une question de prix, nos clients ne sont pas touchés par la baisse du pouvoir d’achat. Nous traversons une crise psychologique. Notre ennemi, ce sont les chaînes d’informations en continu. »

Le début d’année avait pourtant bien commencé pour l’industrie du voyage. Grâce à cette avance, le nombre de départs reste stable jusqu’au 15 mai.

« Ne pas brader »

Certains métiers résistent mieux à la morosité actuelle, minée par la guerre au Moyen-Orient, les prix du carburant et depuis peu l’hantavirus. Le voyage d’affaires recule ainsi de « seulement » 3% en volume d’affaires et l’activité reste stable chez les groupistes, poursuit Laurent Abitbol. Les voyagistes voient en revanche leurs carnets de commandes diminuer de « 40% », ajoute-t-il. Les États-Unis dévissent même de 70%.

Entre les conflits, les alertes sanitaires et leur couverture médiatique, les gens « hésitent à partir ». Dans ce climat d’attentisme généralisé, Laurent Abitbol met en garde contre les promotions. « Il ne faut pas brader. Si nous bradons cette année, nous ne pourrons plus vendre au bon prix l’an prochain. » Son groupe Marietton, qui possède différents voyagistes, a préféré diminuer ses capacités sur la Crète (Grèce), pour réduire les risques. « Nous avons 15% à 20% de sièges en moins sur Héraklion. » 

« Le jour où le détroit d’Ormuz sera libéré, même si la guerre continue, l’activité va repartir. Ce n’est pas une question de prix : les prix n’ont pas explosé. C’est un climat anxiogène permanent alimenté par les chaînes d’information en continu. » 

Former, pour mieux rebondir

Le réseau ne prévoit pas de campagne marketing à court terme, mais se dit prêt à déclencher un dispositif idoine si le contexte s’améliore. 

En attendant, Selectour reste mobilisé pour accompagner les agences dans leur montée en compétences et en gamme. C’est la raison pour laquelle était organisée ce 20 mai une matinée de conférences suivie d’un workshop, réunissant 220 adhérents et 115 réceptifs.

C’est la première fois depuis de très nombreuses années qu’est orchestré ce rendez-vous B2B, désormais annuel. Selectour développe depuis dix ans sa propre plateforme de réceptifs, Hip Réceptif, qui pour sa part enregistre une croissance de 6% jusqu’en avril 2026. Objectif : aider les agences à développer les voyages à la carte.

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